Solitude | 4 Raisons de l’Accepter

Qu’est-ce que la solitude ? Une position de faiblesse ? Une manière douloureuse de trouver la tranquillité ? Une condition indésirable ? Une force personnelle ? Probablement tout cela. Tout dépend de la personne. Être seul est aujourd’hui mal vu. La société prône l’ouverture aux autres. Or, certaines personnes ont besoin de se retrouver ou ne désirent tout simplement pas être entourées. Et si je vous disais que vivre par soi-même et pour soi-même était la clé du bonheur ? Que vous aussi avez besoin de cultiver l’isolement temporaire pour mener une vie pleine de joie ? Vous n’êtes pas convaincus ? Pourtant, être solitaire demeure l’étape indispensable pour être heureux. Voici 4 raisons !

1 – Une condition personnelle qui change la vie

La solitude choisie apparaît à des moments de notre existence sans que nous y soyons forcément préparés. Un besoin se fait ressentir. La modernité nous étouffe, les villes tentaculaires nous donnent de l’urticaire et l’essentiel n’est plus visible. Afin de retrouver de l’oxygène, nous nous isolons quelque peu. Cela en devient viscéral. C’est comme balancer sans vergogne son portable après l’avoir éteint d’un soupir salvateur.

L’être humain est grégaire, il est programmé pour évoluer en groupe. Sa survie en dépend. Or, la dimension sociale poussée à son extrême finit par lui nuire. L’homme est également très évolué intellectuellement. De fait, il passe par des phases de remise en question via une introspection. Certaines décisions doivent être prises seules pour garantir une stabilité émotionnelle. 

Un exemple concret ? Les introvertis. Ces personnes fonctionnent par ce biais d’éloignement. La timidité n’est pas ce qui les définit, mais bien la prise de distance. Ils sont capables d’empathie et de sociabilité, mais ils éprouvent un besoin conséquent de recharger leurs batteries au calme et à l’écart. Ils se complaisent dans une bulle solitaire le temps de retourner à la surface.

Être solitaire n’est pas une position éternelle. C’est une situation qui peut devenir un mode d’existence selon les aléas de la vie ou les besoins de l’individu.

Une jeune femme est assise sur une barque, son regard est pensif mais elle sourit avec quiétude.
Mais c’est qu’on est bien dis-donc !

2 – Être seul pour se connaître et se retrouver

Peut-on vivre dans la solitude ? Absolument ! L’isolement est considéré comme une sombre affliction. On ne le choisit pas. Pourtant, il arrive un moment dans notre parcours où tout nous dirige vers lui. On se met alors à découvrir des richesses personnelles que nous pensions perdues, révolues ou inexploitées. Malgré les paroles de notre entourage et de la société, nous ne subissons pas mais nous nous délectons de l’instant présent. C’est l’occasion de faire des activités solitaires, comme écrire, faire de l’exercice, lire, dessiner ; bref, tout ce que vous voulez !

Le retour aux sources est un concept profondément individuel. L’individualisme est mal considéré de nos jours. Malheureusement, on le confond avec l’égoïsme. La société exige de tout un chacun de se courber face à l’universalisme. Mais elle en a oublié l’élément essentiel : l’individu. Dans sa matrice unitaire, une personne doit se sentir bien en son for intérieur, autrement dit seule, afin de s’épanouir avec les autres. 

Autrui nous détourne de notre être, il nous distrait malgré lui. Si l’autre extirpe de nous des parcelles de notre essence, nous tire vers le haut ou vers le bas, il ne tient qu’à la personne d’explorer les tréfonds de sa psyché. C’est à elle de valider les décisions et de parcourir consciemment les tracés que la vie lui dessine sous les pieds. Sur ce point, deux éléments apparaissent : la connaissance de soi et la redécouverte de soi.

La première approche s’ancre sur la solitude précoce chez un individu relativement jeune. C’est l’occasion pour lui d’explorer et de découvrir qui il est, ce qu’il aime, ce qu’il conspue, quelles sont ses valeurs etc.. Il s’agit du parcours initiatique qui, bien souvent, se fait en compagnie de nul autre que soi-même.

La deuxième approche s’attache sur la solitude mature chez un individu plus âgé. C’est le moment pour lui de se remettre en question, de bouleverser son monde et de repartir de zéro. Faire table rase lui donne l’opportunité de se redécouvrir, de valider ses acquis, ou d’infirmer des certitudes inadaptées à son développement. Ce deuxième départ est salutaire émotionnellement.

Une femme survoltée qui profite de sa randonnée en montagne !
« Connais-toi toi-même » comme disait grand-père Socrate !

3 – Vivre avec soi-même pour évoluer ensuite à deux

Les adeptes de la solitude volontaire possède plusieurs noms, extensions et dérivations. Nous parlons d’ermites, d’anachorètes ou d’ascètes pour les dimensions religieuses ou personnelles les plus singulières et drastiques. Mais l’errance investit beaucoup de personnes sans pour autant faire d’eux des esseulés sauvages ou des misanthropes. Évoluer seul, c’est s’astreindre à une vie simple, accepter de s’écouter et composer avec sa personnalité. Comment vivre à deux et accueillir quelqu’un dans sa vie sans avoir au préalable appris à vivre seul ?

Dans une société de plus en plus connectée, l’être humain n’a ironiquement jamais autant été éloigné des autres. Les sites de rencontres affluent, les applications vont et viennent, tout n’est que marchandise et virtualité. Nous entamons des conversations pour ne pas les finir et nous devenons stressés au moment de la rencontre. Quid du temps où tout se faisait au détour d’une ruelle, par l’intermédiaire d’un simple regard, comme une manifestation du destin qu’il nous fallait embrasser ? 

Plus qu’une ouverture sur un potentiel infini, la modernité nous a poussés à mettre de côté notre individualité. Hors de question de ne pas trouver quelqu’un de peur de paraître marginal, bizarre, ou sexuellement exsangue. Nous forçons ainsi le destin par ego ou par peur de la solitude. Le piège se situe là. Nous nous engageons trop tôt et trop vite de peur de ne pas s’insérer dans la société, de ne pas remplir la case de la bienséance, de ne pas rassurer la famille, etc.

En amour, la recherche intensive de l’autre motivée par une mauvaise raison est néfaste. La personne s’attache et s’enfonce dans un cercle vicieux où la présence de l’âme sœur devient vitale. La dépendance affective conduit à la destruction d’une relation de couple stable. La confiance s’effrite et devient une jalousie maladive, la parole se délite et se mure dans le silence. À terme, l’individu n’est plus capable de supporter la peur du rejet et de l’abandon, car il n’a jamais appris à exister par lui-même. Il projette sur l’autre ses aspirations et ses besoins. Or, l’amour se définit par le don de soi unilatéral. Il faut être capable d’accepter que l’autre parte du jour au lendemain, être capable de se retrouver seul, pour pouvoir rebondir sainement.

Un couple sous un coucher de soleil qui se tient la main.
À deux, le couple devient une seule personne

4 – Choisir la solitude pour en sortir

La complétude est un état d’accomplissement. Pour y arriver, il faut entamer un voyage intérieur. La solitude peut être subie. Elle devient alors une souffrance, surtout lorsqu’elle est sociale, affective, amoureuse et même numérique. C’est lorsque nous n’avons pas été acclimatés à sa présence qu’elle devient une geôlière, une infâme compagne, une présence indésirable comme une voix insupportable au creux de notre esprit. L’isolement en couple est alors inévitable. La présence de l’autre n’est pas suffisante. Vaincre l’ennui et l’errance n’est possible qu’après avoir affronté son reflet dans le miroir. 

Il existe bien une solitude positive qui nous permet de vaincre ce sentiment permanent et profond d’exil et de déréliction. Choisir dans un premier temps la distance avec le monde, ce n’est pas choisir la claustration : vous choisissez votre propre chemin. Il n’est pas question de repli sur soi définitif mais d’un parcours personnel qui vise à vous élever. 

Il faut combattre le feu par le feu. Ce proverbe est porteur de valeurs séculaires indispensables. La vie est une bataille qui se mue en paradis une fois les concessions faites. Nous fuyons ce qui est désagréable. Mais tout nous rattrape. Marcher seul ne veut pas dire que vous ne serez pas accompagnés quand vous serez prêts. Beaucoup de personnes envient l’indépendance et le caractère magnétique des solitaires. Ils empoignent leurs vies sans se soucier du lendemain et leur pragmatisme sain fait d’eux d’excellents amis et partenaires. 

La solitude n’est pas une sombre fatalité mais une vallée accueillante que chacun devrait emprunter. La richesse que nous en retirons vaut tous les trésors du monde. Vous vous sentez vides à l’intérieur voire mélancoliques ? Vous avez besoin de souffler ? Vous n’arrivez pas à vous détacher des gens qui vous entourent ? Prenez du recul et consacrez du temps à nul autre que vous-même. Vous en ressortirez grandis !

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