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Le « Earthship », habitat éco-construit et autonome en énergie, est-il fait pour vous ?

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Une maison construite avec des matériaux recyclés, autonome en énergie et en eau, facilitant l’autosuffisance en fruits et légumes, à installer n‘importe où dans le monde, c‘est ce que promet ce concept aussi appelé Géonef en France.

Une vision de l’éco-habitat testée depuis presque 50 ans

C’est en 1972, au Nouveau Mexique dans le désert de Taos, que Michael Reynolds, jeune architecte qui rêve de construction durable et de moindre impact sur l’environnement, concrétise son projet.

Pour cela, il privilégie les matériaux recyclés, la terre et le bois. Cette première communauté de « Earthship » s’étend sur 640 hectares et compte désormais plus de 70 habitations.

Au fil des réalisations, le « Earthship » gagnera en autonomie, confort et performance avec des panneaux solaires, des panneaux de refroidissement thermique, la récupération de l’eau, un traitement des eaux usées et un jardin biologique.

Mais certains habitants d’« Earthship » déçus par des problèmes d’étanchéité, des effets nocifs de certains matériaux de construction, de limitations climatiques multiplient les procès et Michael Reynolds perd sa licence d‘architecte au Nouveau Mexique de 1990 à 2007.

Le concept d’« Earthship » continue cependant à faire des adeptes grâce à :

Situés surtout aux Etats-Unis, mais également en Europe, c’est un millier d’« Earthships » dans le monde qui hébergent des habitants séduits par ce mode de vie.

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La philosophie de l’« Earthship biotecture » ou Géonef

Construire avec des matériaux recyclés

Les murs d’appui de la maison sont conçus avec des pneus remplis de terre et recouverts d’un torchis.

Le toit est une charpente en bois souvent végétalisée.

La façade orientée sud est vitrée sur sa longueur et peut être également constituée de fenêtres de récupération.

Les canettes d’aluminium, les bouteilles en verre sont utilisées pour les parois intérieures. Pour le sol, on utilise de la terre battue ou du bois avec une isolation du plancher dans les régions plus froides.

Viser l’autonomie en énergie, en eau

L’architecture du « Earthship » – une façade enterrée, une façade au sud largement vitrée – garantit un confort thermique à ses habitants en utilisant l’énergie solaire passive et la masse thermique de la terre. Les besoins en énergie sont gérés par des panneaux voltaïques, des batteries et une éolienne.

Le toit permet de recueillir les eaux de pluie ou de fonte des neiges.

Grâce à des systèmes de filtrage successifs, à la phytoépuration et au stockage en citerne, tous les besoins domestiques – eau potable, lavages, arrosages de la serre – sont couverts.

Pour réduire encore les consommations d’eau, il est possible d’envisager des toilettes sèches.

Favoriser l’auto-suffisance alimentaire

La serre située derrière la façade vitrée permet de cultiver des plantes qui vont nourrir les habitants en fruits et légumes, mais aussi réguler la température et l’hygrométrie, assainir l’eau et l’air, créer un espace végétal agréable à vivre.

Avantages et inconvénients des « Earthships »

Les points positifsLes points à surveiller
Le concept testé depuis plus de 40 ans est donc abouti.

La construction est facile : 3 mois pour construire une maison de 3 pièces en s’investissant personnellement et grâce à la formule du chantier participatif. Le coût de construction du chantier est très dépendant de la participation de bénévoles essentiellement pour le gros œuvre. Il faut donc prévoir le gîte, le couvert, l’outillage et les assurances pour cette main d’œuvre.
Le coût global de la construction ( à partir de 200€/m² en autoconstruction ) Ce coût s’alourdit avec les solutions techniques préconisées liées au degré d’autonomie énergétique souhaité.
Tout est mis en place pour une autosuffisance énergétique et une dépendance limitée aux fournisseurs classiques d’eau et d’électricité. Les installations de plomberie et récupération d’eau demande un savoir-faire spécifique au concept pour lequel il faut se former ou prévoir l’intervention de spécialistes.
L’adaptation au climat local impose de prévoir une isolation du sol, quand la construction se fait au Canada, plutôt qu’au Nouveau Mexique !
Les produits d’entretien utilisés doivent être compatibles avec le traitement des eaux.
La serre bioclimatique permet de cultiver fruits, légumes, herbes aromatiques et les plantes de filtration de l’eau tout au long de l’année .Devenir autonome en alimentation nécessite des compromis sur la diversité alimentaire limitée, est chronophage, ajoute des besoins en eau et en nutriments.
Le concept de serre orientée plein sud limite beaucoup les possibilités architecturales.
L’impact carbone est limité avec le recyclage des matériaux de constructions. Des cas d’allergies aux composants des pneus, constatés sur les premières réalisations incitent à prévoir la pose d’un film d’étanchéité et une bonne ventilation.
Avoir construit soi-même la maison dans laquelle on vit est valorisant.En France, la mise en place de la réglementation environnementale de 2018 impose le recours à minima au service d’un bureau d’études thermique pour l’obtention du certificat de conformité.

Finalement tous ces principes développés par Michael Reynolds ont largement inspiré nombre de labels de la construction passive ou positive. Ceux-ci ont cependant délaissé l’utilisation de matériaux recyclés pour la construction au profit de matériaux manufacturés pour des raisons commerciales.

À vous de dessiner, maintenant, les plans de la maison qui saura prendre soin de vous et de la nature.

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Natalie Le Sand Vincent

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