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« Chanson douce », de Leïla Slimani

Chanson douce, un prix Goncourt d’exception

Article écrit par Claire SICARD

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Chanson douce – Leïla Slimani 

Un début qui nous plonge dans l’horreur

Dès le début de ce livre on est happé et scotché par ce qu’on lit : rien de moins que l’assassinat de deux enfants en bas âge par leur nounou à Paris. L’uppercut direct, vécu en plus au travers des yeux de la mère. Ce début de récit glaçant nous met tout de suite dans l’ambiance : de sa plume directe et incisive, Leïla Slimani nous embarque dans son récit à la fois glaçant et fascinant. Embarquez pour le compte à rebours !

Une mère de famille qui a besoin de changements

Myriam Massé, maman au bout du rouleau de deux jeunes enfants étouffe dans son quotidien de mère au foyer. Son mari, Paul, producteur de musique ayant le vent en poupe, a quelques réticences à ce que sa femme reprenne une activité. Mais elle n’hésite pas longtemps et saute sur l’occasion que le hasard lui donne en recroisant un copain de promo : elle va reprendre son métier au sein d’un cabinet d’avocats.

Louise, la perle rare ?

Myriam et Paul se mettent alors à la recherche de la nounou idéale pour leur petite famille : après un casting très sévère, ils tombent sur la perle rare, Louise ! À la limite du caricatural avec ses petits cols Claudine, elle devient vite indispensable à la famille. Louise conquiert rapidement l’affection des deux enfants et envahit petit à petit la vie quotidienne des personnages en prenant une place de plus en plus centrale. Elle s’occupe des petits, du ménage, de la cuisine, propose mille délicates attentions à chacun. Myriam et Paul se déculpabilisent et s’appuient chaque jour un peu plus sur Louise pour faire tourner la maison.

Le vernis craque

Mais le vernis craque petit à petit et l’atmosphère de huis-clos au sein de leur appartement devient de plus en plus pesante. Louise apparaît sous un jour inquiétant en semblant vivre par procuration la vie de la famille Massé. Squattant leur canapé pendant leur absence, s’incrustant durant leurs deux semaines de vacances en Grèce et anticipant le moindre besoin de chacun des membres de la famille, elle tisse sa toile petit à petit et devient chaque jour plus incontournable et indispensable.

Le drame final s’annonce

On découvre au fur et à mesure de la lecture que la parfaite Louise cache des choses et que son contexte personnel est plus qu’inquiétant. Le piège se referme sur la famille et, de la dépendance, on finit par arriver au drame final : la mort des deux petits, scène d’ouverture du livre.

Un livre prenant

On ressort de ce livre avec le sentiment d’être glacé et essoré. Le huis-clos de plus en plus tendu nous prend aux tripes et dilue à chaque page une sensation de malaise de plus en plus difficile à supporter. Même en connaissant la fin du livre dès le début de notre lecture, on ne peut s’empêcher d’être inquiet. La simplicité du ton choisi et le récit des faits, presque chirurgical, nous emporte et ne nous lâche plus.

Un portrait en creux de notre époque

Par le filtre des personnages et de la description précise et détaillée du jeune couple de parents et de leur mode de vie, c’est le portrait de notre époque que Leïla Slimani nous propose : Myriam, jeune mère de famille débordée et tiraillée entre sa culpabilité de maman et son envie d’indépendance. Paul, cadre dynamique un peu absent du tableau. C’est la conception de l’amour parental et de l’éducation qui est questionnée ici, ainsi que les préjugés de classe ou même de culture.

Par le filtre des personnages et de la description précise et détaillée du jeune couple de parents et de leur mode de vie, c’est le portrait de notre époque que Leïla Slimani nous propose : Myriam, jeune mère de famille débordée et tiraillée entre sa culpabilité de maman et son envie d’indépendance. Paul, cadre dynamique un peu absent du tableau. C’est la conception de l’amour parental et de l’éducation qui est questionnée ici, ainsi que les préjugés de classe ou même de culture.

Prix Goncourt 2016

En résumé

  • Prix Goncourt 2016, le livre de Leïla Slimani frappe fort.
  • Récit glaçant, le livre commence par la mort de deux jeunes enfants tués par leur nounou.
  • Le flash-back commence et débute le récit à rebours de la mise en place de la dépendance des personnages et du huis-clos quotidien.
  • De son écriture pointue et incisive, Leïla Slimani nous offre un récit haletant et prenant.
« Chanson douce », de Leïla Slimani
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Gwenaëlle Rédactrice

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